Née en Guadeloupe où elle a passé toute son enfance, Tessa Naime est la fondatrice de la revue NEG. Auteure de livres et revues, la guadeloupéenne exerce sa plume depuis les années 2000, mais ce n’est qu’en 2016 qu’elle intègre le milieu de l’édition. Avant ce tournant décisif, en pleine recherche identitaire, l’auteure entame une Licence de droit, à l’université des Antilles, avant de s’orienter trois ans plus tard vers son domaine de prédilection : les Lettres. Installée en région alsacienne, puis au Québec, elle publie alors six livres sur une période de six ans (2016-2022).

Le théâtre, le cinéma, le patrimoine… elle s’y intéresse assez tôt, ce qui l’amène à diriger un projet visuel – littéraire aux côtés du réalisateur Lucas Sousseing et des artistes-photographes (MacoJaune, Gotem) puis lancer un an plus tard, une pièce de théâtre marronne. Néanmoins, coincée entre l’exil vers l’ailleurs et les retours sur l’île natale, l’auteure avorte ce dernier projet d’adaptation théâtrale tandis que sa collection de livres est publiée aux Editions Nestor. Au lieu de cela, à son retour décisif en Guadeloupe, elle s’inspire de son expérience de femme noire immigrante pour publier Avant l’exil…, un recueil de notes et lettres critiques, en édition limitée. À cette même période, son œuvre Fanm sé lanmou est interprétée par le comédien Harry Baltus pour Les Nuits de la lecture 2022 (Archives départementales).

Défenseure d’une approche postcoloniale de l’écriture, Tessa Naime fonde la revue NEG (lors de la crise sanitaire des années 2020-2021, à partir d’un projet de recherche-création universitaire autour des théories postcoloniales. Ce projet de recherche portant sur un scandale sanitaire majeur secouant la Guadeloupe et la Martinique (le scandale Chlordécone) vient remémorer la responsabilité du gouvernement français dans l’empoisonnement massif de nos populations. Très vite, cette revue se fait connaître timidement par des articles sur les résistances intellectuelles, artistiques de nos territoires, tels que Le vodou haïtien : l’autre visage de la résistance qui revient sur l’histoire d’un culte méconnu ou encore Le nègre de la poésie Césairienne, une étude textuelle de l’œuvre littéraire porteuse de Négritude.

En juin 2023, l’écrivaine expose pour la première fois ses écrits, à la maison créative Kréya’Kaz, issus d’un travail de recherche généalogique alors qu’elle retournait dans les archives de ses ancêtres en 2021. Son projet de recherche sur l’héritage des femmes de Guadeloupe (Matrimoine), dont l’appel ne sera lancé que bien plus tard, éclot précisément à cette période.

En fin 2023, l’écrivaine collabore avec arTech Education pour la mise en place du premier volume de formation « Littérature + Tech », dirigé par Kimberley Demagny, qui propose de former les professionnels de l’édition aux nouvelles technologies (AR/ VR).

Profondément touchée par la cause des grands frères de Guadeloupe et la réalité carcérale du péyi, elle publie un dossier de presse sur le cas de Noel Daufour, prisonnier politique guadeloupéen, après avoir lancé un appel à projets sur les femmes incarcérées de Guadeloupe (toujours ouvert). C’est ainsi que la revue Nèg prend véritablement son nom afin de se positionner clairement contre une culture de la censure en tant que revue marronne, indépendante et non financée, suivant le courant même du médiactivisme.

En 2025, elle devient membre du Comité pour la Libération de Steeve Rouyar, constitué le 28 juin par des militants guadeloupéens, et membre d’un front marxiste révolutionnaire, Peaux Noires Ligne Rouge.

Depuis son retour au péyi, Tessa Naime lutte pour la diffusion, la protection et la conservation du patrimoine écrit guadeloupéen, avec la mise en place de résidences d’écritures, d’ateliers et de rencontres littéraires, et le marrainage d’un club de lecture.

Bibliographie

NAIME Tessa, Noel Daufour (2024) Edition ind. 172 pages

NAIME Tessa, Avant l’exil (2022) Edition ind. 238 pages

NAIME Tessa, Ti lèt pou fanm (2025) Réédition et nouvelle adaptation de Lettre ouverte à la femme créole. 80 pages.

NAIME Tessa, Lettre ouverte à la femme créole. Editions NESTOR (2018) 157 pages.

NAIME Tessa, Fanm sé lanmou. Editions NESTOR (2018) 129 pages. Réédition indépendante en 2025.

NAIME Tessa, 7 Lettres (2016) 140 pages

NAIME Tessa, De l’enfer à la vie (2017) 96 pages.